Plus de peur que de mal

C'est un incident inhabituel qui s'est déroulé vendredi dernier, 13 octobre 2017, en gare de Floeta CS. Le service VRP 35012, un train d'heure de pointe reliant Tarna à Floeta, a percuté le butoir de la voie numéro 4 aux alentours de neuf heures moins dix. Si l'incident n'a pas eu de répercussions trop importantes – deux blessés légers, des égratignures dans les deux cas – il n'en a pas moins été très impressionnant. « J'avais bien l'impression que le train entrait en gare un peu trop rapidement » déclare Nagyež'da Remekov, une habitante de Blenhorod qui sortait d'un service en provenance de Pelkovja à ce moment-là. « Je longeais les quais pour sortir de la gare et d'un coup, j'ai entendu un grand bruit, comme un choc très violent. Je me suis retournée et j'ai vu la locomotive qui avait littéralement enfoncé le butoir. »

 

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- La locomotive A383016, la même que celle impliquée dans l'incident, avec un convoi VRP arrêté en voie 4 de la gare de Floeta CS.

 

 

Ce service quitte chaque matin la gare de Tarna CS à 0757 et dessert les gares de Ladmerą, Kolperr, Serinathea et Nerithea (Voda) en cours de route, avant d'arrivée à 0844 en gare de Floeta. Un grand nombre de conducteurs s'accordent pour dire qu'il fait partie des services les plus délicats. « Les horaires sont très serrés, parce qu'on est en heure de pointe et que la ligne est encombrée. Seuls les conducteurs qui ont une connaissance parfaite de la locomotive et de la ligne sont affectés à ce service » explique Vjodor Nakerma, lui-même conducteur pour la RKP Est-Sansek. Ce qui complique encore plus les choses, c'est que la rame, une fois arrivée en gare de Floeta, repart en sens inverse pour un autre service VRP à 0851, ce qui ne laisse que sept minutes de battement pour la réutilisation du train.

Or ce jour-là, plusieurs problèmes s'enchaînent. Premièrement, le train part avec une minute trente de retard de la gare de Tarna pour une raison qui reste à déterminer, mais jusque-là rien d'anormal ni d'inquiétant. Ensuite, la rame reste bloquée trois minutes en gare de Kolperr, alors que qu'une porte de l'une des voitures ne se ferment pas correctement. Grâce à l'intervention du contrôleur, la porte en question est rapidement verrouillée et mise hors-service. Le train repart donc avec cinq minutes de retard. Peu avant Nerithea, c'est un signal tombé en panne qui force le service à ralentir une fois encore et à poursuivre à basse vitesse pendant près de deux kilomètres. Le départ de Nerithea s'effectue finalement avec huit minutes de retard, soit déjà trop tard pour effectuer à l'heure le service suivant. Afin de rattraper un peu ce retard, le conducteur est autorisé à circuler à 180 km/h – au lieu de 160 – sur la portion allant de Paldinvy à Floeta. C'est une procédure habituelle depuis quelques années, en cas de retard et depuis le renouvellement des voies et la suppression du dernier passage à niveau de la zone. Toujours est-il que le conducteur poursuit avec une marche très tendue et colle à la vitesse limite. Comme le veut la limitation, il pénètre les appareils de voie de la gare centrale de Floeta à la vitesse de 30 km/h, réduite ensuite à 20 km/h lors de l'entrée en gare. Là où le problème s'est posé, c'est que pour tenter de gagner quelques précieuses secondes, le conducteur ne ralentit avant le dernier moment – il déclara vouloir attendre le dernier moment puis freiner sèchement afin de gagner le maximum de temps. Sauf qu'au moment de déclencher les freins, et alors que le convoi circulait toujours à 20 km/h, la commande des freins ne répond plus. Le temps de s'en rendre compte et de réagir, le conducteur actionne alors le frein d'urgence, qui fonctionne, mais il est trop tard : le convoi percute le butoir à la vitesse de 9 km/h, s'arrêtant presque instantanément.

 

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- La voiture pilote, en queue du convoi, est aussi l'endroit où se trouvait l'un des deux blessés. Servant de fourgon pour les vélos, l'homme était en train de décrocher le sien quand celui-ci lui est tombé dessus à cause de l'impact.

 

 

Bien vite, un attroupement se forme autour de l'incident, qui se révéla presque bénin : le butoir aura été bien endommagé, mais la locomotive et son convoi n'auront pas subi de dégâts. La rame sera tout de même immobilisée pour la journée, et la locomotive restera au technicentre tout le week-end afin de comprendre et de réparer le problème lié à la commande des freins, qui s'avéra d'ailleurs fonctionner correctement quelques minutes plus tard. Pour les voyageurs, outre une belle frayeur et quelques égratignures, la seule conséquence aura été la suppression du départ de 0851 de Floeta.

Interrogée sur le sujet, la RKP Est-Sansek a donné plusieurs informations. D'une part, le conducteur, un homme d'une cinquantaine d'années réputé comme expérimenté, n'a pas outrepassé de règles – il a respecté la signalisation et les vitesses limites – et la seule chose qui lui est reprochée est un manque de prudence lors de l'approche de la fin de la voie, ce qui aura causé l'incident, combiné qu problème technique de la commande de freinage. D'autre part, la société publique a expliqué la raison du court laps de temps alloué à la réutilisation de la rame pour un autre service, arguant que c'était le manque de locomotives qui nécessitait des horaires aussi serrés dans les services.

Quoiqu'il en soit, cet événement aura causé une belle frayeur parmi les nombreux travailleurs qui se trouvaient dans le train. Un événement qui aura fait plus de peur que de mal pour ce dernier vendredi 13 de l'année...

 

 

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